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Monica Grzymala / Cecilia Vicuña

Dans le cadre des Pléiades - 30 ans des FRAC

Du 1er March au 1er June 2013

 

La célébration de ses 30 ans est l'occasion pour le FRAC Lorraine d'inviter deux artistes femmes à réaliser des installations immersives et sensorielles, dédiées à des peuples natifs entrés en résistance poétique.

 

Tous les quinze jours, une langue disparaît, et avec elle, un pan de la culture et de l'histoire humaine. Ce sont des langues locales qui s'effacent devant des langues coloniales ; des traditions orales millénaires emportées par l'impérialisme culturel ; des nations minoritaires dont les droits sont bafoués au nom d'enjeux idéologiques, politiques ou économiques.

 

Les musées sont pleins d'objets témoins des civilisations éteintes, des peuples premiers décimés dont quelques récits et légendes se chuchotent encore. On peut lire, en filigrane de ces collections, un manque. Ces objets évoquent des hommes, mais ils ne peuvent redonner vie aux peuples disparus.

Ce sont deux de ces peuples qui refusent de disparaître en silence - les Goomeroi en Australie et les Mapuches au Chili - qui sont au cœur des œuvres présentées au FRAC.

 

Monika Grzymala crée des interventions architecturales éphémères et in situ à partir de matériaux communs et fragiles (papier washi, scotch, bandes magnétiques...) qui se font lignes infinies, sages ou ondulantes. Pour la Biennale de Sydney 2012, elle s'est rapprochée  d'un collectif de femmes aborigènes qui fabrique du papier à partir des résidus de l'industrie du coton installée sur leurs terres ancestrales. Ensemble, elles ont réalisé The River, un hymne à la terre dont chaque feuille est un visage, évoquant les esprits perdus.

 

Poète et artiste d'origine mapuche, Cecilia Vicuña crée depuis les années 1960 de grandes installations éphémères associant rituels collectifs et performances orales qui convoquent l'esprit des premiers habitants des Andes.

Dans ses œuvres, elle tisse ensemble le passé et le présent, au sens propre comme au figuré. Ses Quipus réactivent ainsi les tissus colorés et noués - bannis par la conquête espagnole - qui formaient le système d'« écriture » des tribus indiennes et symbolisaient leur lien vital à la Terre.

 

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Monika Grzymala, The River, 2012
Installation éphémère réalisée avec Euraba Artists and Papermakers.
En collaboration avec Boolarng Nangamai.
18e Biennale de Sydney, 2012.
Photographie © M. Grzymala

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