Programmation
Actuellement
GLOCAL SESSIONS
Du 20 janvier au 15 septembre 2012
Six artistes basés dans la région opèrent un choix cumulatif d’oeuvres de la collection et sont invités en
trois sessions à faire jouer leurs propres oeuvres avec l’ensemble ainsi constitué.
Réciproque, Glocal Sessions est autant une expérience de lecture partagée de la collection qu’un
contexte d’appréhension des oeuvres des artistes invités.
Saâdane AFIF | Harry CALLAHAN | Serge COMTE | Mariano FORTUNY | Gérard GASIOROWSKI | Rodney GRAHAM | Martin HONERT | Craigie HORSFIELD | Pierre JAHAN | Jacob KASSAY | Sol LEWITT | Dan PETERMAN | Hermann PITZ | Éric POITEVIN | Philippe RAMETTE | Ugo RONDINONE | Bruno ROUSSEAUD | Jim SHAW | Roman SIGNER | Elise TAK | The Plug & Stéphanie ROLLIN | John TREMBLAY
SESSION #1
Régis Fabre, Yann Grolleau
Du 20 janvier au 7 avril 2012
Le travail de Régis Fabre regorge d'une culture du pire qui, galvaudée, passe inaperçue et se trouve digérée par l'accoutumance. Si sa pratique est variée, les sujets traités révèlent tous un climat inquiétant. Se saisissant de signes ou codes connus de tous, sa diatribe emprunte les outils de l'extrême pour se jouer du glauque socialement entretenu. Il regroupe son travail sous l'appellation funk phenomena, le phénomène de la trouille. Mais il semble que ce maintien de la peur soit un symptôme, l'ingrédient d'un système bien plus insidieux. Noam Chomsky, linguiste et philosophe, a défini les dix stratégies de manipulation des masses : créer des problèmes puis offrir des solutions, remplacer la révolte par la culpabilité, faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion, encourager le public à se maintenir dans la médiocrité, ainsi que dans l'ignorance et la bêtise... En regard, on ressent dans la production de l'artiste une posture qui se place spontanément en contrepoint. Les oeuvres soulignent le contrat tacite de chacun et l'adhésion inconsciente au système.
Au fil de ses travaux Yann Grolleau tente «d’annexer» divers images, icônes et autres totems contemporains en les prenant comme matière première d’un sabotage en règle. Depuis la fin de ses études, il choisit de poursuivre sa pratique du rock à travers le prisme de la sculpture contemporaine. La transversalité s’opère grâce à la guitare qui cristallise ses recherches plastiques autant que conceptuelles. Ainsi, il s’efforce de réinterpréter le vocabulaire, l’histoire et les processus de création du milieu de la chanson et du rock en particulier qu’il prend comme ferments d’une décontextualisation; afin d’en tirer plusieurs hypothèses de sculptures, installations ou dessins.
Régis Fabre, Sans titre, peinture murale, acrylique pantone 289 et 705, dimensions variables, 2011
Yann Grolleau, Plugs For Bidee, 16 pièces, bois massif (charme) et prises Jack mâles et femelles, dimensions variables, 2011, photos Claire Terral
Prochainement
SESSION #2
Bruno Petremann, Erwan Venn
Du 13 avril au 23 juin 2012
À rebours d'un produit marketing dont l'efficacité se jauge dans l'équilibre entre optimisation technique et satisfaction d'un désir, le travail de Bruno Petremann évoque une génération spontanée croisant la biologie et le design. Telle une résistance viscérale à l'uniformisation du goût, la lisse résine convulse et se mue en boursoufflures quand les modules géométriques subissent un développement viral. Ses volumes, dont l'échelle convoque à la fois la sculpture et l'architecture, affirment leur présence dans l'espace et invitent le visiteur à adopter une posture. Hésitant à percevoir une forme qui se contient ou qui jaillit, à ressentir de l'attraction ou de la répulsion, nous vivons l'exacerbation de notre adhésion ou de notre refus des archétypes stylistiques de l'objet consommable. La résistance possible, qui témoigne de l'identité plus ou moins singulière de chacun, peut s'illustrer par Bourdieu : « les goûts sont avant tout des dégoûts » envers ceux des autres, avec lesquels il y a «une distance à maintenir» (La distinction, 1979). Les pièces récentes confirmant leur déliquescence, le dégoût s’accroît proportionnellement à l’énergie dans laquelle se fond désir libidinal et pulsion consommatrice.
Le décoratif, l’ornemental et les atours domestiques de la nostalgie constituent le champ de manoeuvres d’Erwan Venn. Volontiers joueur et taquin, il perturbe l’ordre des choses, en anime les calmes surfaces et révèle ainsi, à la manière de vanités contemporaines, la fragilité de l’être et l’enfance comme un état d’esprit sans cesse écorné par le temps qui passe.
Bruno Petremann, sans titre, résine polyester, 120 x 80 x 100 cm env. chaque, 2006
Erwan Venn, Headless 01, papier peint, dimensions variables, 2011
SESSION #3
Moolinex, Pascale Rémita
Du 29 juin au 15 septembre 2012
Si les technologies contemporaines facilitent l’accès aux images, elles accroissent d’autant plus, par leur vertigineuse profusion, la difficulté de saisir leurs nature et réception. Chez Pascale Rémita, le tableau fait office d’arrêt sur image, telle une tentative de rendre tangible le flux de la perception. Interrompre le flot, le cadrer, mettre en relation, voilà peut-être aussi l’actualité à rebours de la peinture, un médium parfois perçu comme obsolète. Mais ici, malgré l’arrêt, la sensation de vertige ne s’estompe pas. Dans un troublant va et vient, les tableaux se répondent, tissent un univers fictionnel et expérimentent le champ de la vision : de la macro à la micro, du flou à la netteté ou encore des effets de superposition et de réflexion. Cette acrobatie du regard, nourrie de jeux de réminiscence et de persistance, stimule tout autant l’oeil récepteur que l’oeil acteur en éveillant la capacité physique et mentale à faire image.
Imprégnée d’une culture alternative punk-rock, l’oeuvre de Moolinex se développe à la marge de la bande dessinée et du graphisme. Relevant de la sphère des pratiques artistiques dites « singulières », son travail plastique fait la place belle aux mots qui maillent ses peintures, dessins, estampes et autres broderies comme autant de traits d’esprit lapidaires et irrévérencieux sur la société.
Pascale Rémita, Sans titre, huile sur toile, 120x250cm, 2009
Moolinex, File d'attente chez St Pierre


