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Frac Corse


Hugues Reip

Nessun oggetto e'innocente

L'exposition

Dans son propre travail, Hugues Reip use parfois de faux‑semblants et pour cette présentation de la collection du FRAC Corse, il sera donc question d’apparences trompeuses. Jouant avec les ombres portées des oeuvres exposées, il transformera ces dernières en éléments de monstration (socles, cimaises..), installant les objets sur leurs propres projections, matérialisant ainsi leurs silhouettes en un double négatif. De manière plus symbolique, cette proposition sera renforcée par la présence d’une oeuvre lumineuse de Maurizio Nannucci entrée dans la collection du FRAC Corse en 2000. Il s’agit de la phrase en néon «NESSUN OGGETTO E’INNOCENTE» (2000) (aucun objet n’est innocent) qui deviendra le titre du dispositif.

Hugues Reip
Artiste - Né en 1964, France

“Nous pouvons tenter de tracer une ligne discontinue, qui, depuis l'aube de l'humanité, fait apparaître un désir de comprendre et d'interpréter notre (nos) univers. Pour nos précurseurs, il s'agissait d'intuition, de mythologie, de signes divins, de volonté d'expliquer l'irrationnel. Les premiers fabulistes, à ce titre, participèrent à l'élaboration fictive de voyages fantastiques. Il s'agissait de contempler des mondes parallèles, de conquérir l'ailleurs.”
Hugues Reip

La science et la fiction sont régulièrement invoquées dans la construction de son univers et la préparation de ses "voyages fantastiques". Dessins, sculptures, films animés, néons, petits théâtres d'ombres... font partie de son vocabulaire artistique. Par des artifices bricolés et des illusions souvent dénoncées, il opère par inversion, en contrariant la nature des objets dont il s'empare à la manière des œuvres d'anticipation du début du XXème siècle. Sa manière d'envisager la réalité désobéit aux lois qui la régissent.

Des ombres fantomatiques déambulant sur un écran, des formes s'adonnant à une joyeuse danse macabre ou des végétaux et des animaux aux échelles démesurées nous plongent dans un univers parallèle, dans un périple aux confins de l'étrange, où tout ce que nous pensions connaître est décalé. Telle une tempête dans un verre d'eau, tout est hors d'échelle. Ce décalage, cette friction entre le réel et l'absurde, nous offre un nouveau monde, celui de l'imaginaire. Par des installations déconcertantes l'artiste brouille nos repères habituels en établissant des points de vue où la fiction devient une réalité fantasmée et où la part d'onirique que nous contenons tous est révélée.

L'art de Hugues Reip entretient un lien fort avec l'illusion et en pointe du doigt les formes des mondes qui nous entourent, en perturant nos repères et en sublimant notre perception du monde. Il nous permet ainsi, le temps d'une exposition, de laisser de côté nos savoirs établis, pour remettre en question la nature, le sens et la conscience de nos regards sur le réel.

Maurizio Nannucci, Nessun oggetto e'innocente, 2000
Collection FRAC Corse
© Maurizio Nannucci, 2012

Hugues Reip, portrait

Hugues Reip parle des FRAC

Pour vous, qu'est-ce qu'un FRAC ?
Un FRAC, si on l'entend dans sa dénomination la plus basique, c'est la présence de l'art contemporain au sein de chaque région de France. Cela veut dire une politique d'acquisition d'œuvres, menée par un comité. Celui-ci choisit, de la manière la plus créative possible, un panel d'œuvres d'artistes plus ou moins confirmés afin de rendre lisible et accessible la création contemporaine.
Il est donc très important que ces organismes existent. D'autant plus que c'est une façon de soutenir la création de manière engagée et non simplement spéculative, et de parier sur l'avenir.

Quelle est votre expérience la plus marquante menée avec un FRAC ?
Il y a eu deux expériences marquantes pour moi. La première fois qu'une de mes œuvres fût acquise par un FRAC a été quelque chose de très valorisant, c'est une forme de reconnaissance marquante pour un jeune artiste.
L'autre expérience, c'est quand on commence à exposer dans les FRAC. Le plus intéressant n'est pas tant le rapport au public expert ou érudit du milieu de l'art que celui avec des amateurs, des visiteurs ou simplement des gens « qui ont vu de la lumière et sont entrés ». Pour moi, cet échange avec le public est essentiel.
Aujourd'hui, bien entendu, c'est mon expérience au sein du comité technique du FRAC Corse qui prolonge cette aventure.

Un souvenir lié à une rencontre particulière avec le public ?
Je me souviens de la remarque d'une dame qui m'a dit que mon travail était très beau mais qu'elle ne comprenait rien. Qu'après tout, elle s'en foutait puisque ce qui lui importait, c'est qu'il la fasse voyager. Elle m'a dit : « Moi je n'ai pas les moyens de voyager, donc je voyage immobile, et votre travail m'emmène dans des endroits dans ma tête. » C'est peut-être un des plus sincères compliments que j'ai reçu lors d'une de mes expositions.

Comment voyez-vous votre travail avec les FRAC dans l'avenir ?
Je ne sais pas quelles relations j'aurai dans l'avenir avec les FRAC. Je pense que quelques-uns d'entre eux ont déjà certaines de mes œuvres dans leur collection, donc je ne vais peut-être pas non plus faire tout le tour de la France ! Mais, sans être fataliste et comme disait Robert Filliou, « On verra bien ! »

Les Pléiades, exposition collective réunissant les 23 FRAC aux Abattoirs - FRAC Midi-Pyrénées de Toulouse, du 28 septembre au 5 janvier 2013
Projet du FRAC Corse. Œuvres de Daniel Pflumm, Meredyth Sparks, Maurizio Nannuci, Elie Cristiani, Wilfredo Prieto, Max Mohr, Fabrice Hyber, Michel Blazy, Présence Panchounette, Mimosa Echard, Boris Achour, Didier Marcel, Piero Gilardi et Etienne Bossut. Collection FRAC Corse. Photo : Cédrick Eymenier

Dates

Vernissage le 28 avril Exposition du 29 avril au 31 août 2013

Informations pratiques
FRAC Corse
La Citadelle - 20 250 Corte
T 04 95 46 22 18