1. Un patrimoine contemporain unique et le soutien à la création
Sur la base de leur finalité première – l’acquisition d’œuvres d’artistes vivants –, les FRAC ont progressivement constitué des collections de premier plan, riches de 26 000 œuvres si on considère ensemble les 23 collections. Celles-ci se caractérisent par leur dimension internationale, réunissant 4 200 artistes tant français qu’étrangers.
Peu de collections dans le monde sont aussi représentatives de la création des trente dernières années. Dans chaque FRAC, les achats d’œuvres sont réalisés par un groupe d’experts, le « comité technique », composé par exemple de directeurs de centres d’art ou de musées français et étrangers, de critiques, d’artistes aussi (tous bénévoles) que le directeur du FRAC réunit autour de lui. Avec le temps, la gestion de la collection et sa conservation sont devenues des postes importants, tant en terme d’équipes que d’espaces car il faut conserver et restaurer les œuvres pour en garantir la mobilité.
Le deuxième trait distinctif des collections des FRAC est leur très grande réactivité, nécessaire pour détecter des artistes.
Depuis l’origine, la majorité des œuvres sont acquises entre deux et cinq ans après leur création. Ainsi, les FRAC sont les premiers à acquérir des artistes qui deviennent par la suite de grands noms de l’art contemporain (par exemple, Fabrice Hyber, Pierre Huyghe, Claude Lévêque, ORLAN, Xavier Veilhan… mais aussi Gerhard Richter, Sigmar Polke, Cindy Sherman, Jeff Koons, Jeff Wall, etc.). Chaque FRAC dispose annuellement d’un budget d’acquisition allant de 100 000 à 300 000 euros.
Si l’achat aux galeries et aux artistes est la principale voie d’enrichissement des collections, les FRAC produisent aussi régulièrement des œuvres qu’ils acquièrent ensuite. Ainsi, la relation des FRAC aux artistes est caractérisée par l’expérimentation et la continuité car elle va de la production d’œuvres à l’acquisition pour la collection, en passant par l’exposition, la diffusion, la médiation, la publication d’ouvrages et, parfois même, des résidences.

Anish Kapoor, Full, 1983 (1er plan)
Sigmar Polke, Les Olgas, 1981
Vue de l'exposition Transformations, Collection IAC par Vincent Lamouroux
13 avril - 20 juillet 2013, Le Plateau - Hôtel de la Région Rhône-Alpes
Photo : Blaise Adilon
2. Les FRAC, acteurs engagés de la culture partagée
Dès leurs débuts et jusqu'à aujourd'hui, les Fonds régionaux d'art contemporain n'ont eu de cesse de faire de leurs actions le prolongement territorial et social de la dynamique de décentralisation qui a présidé à leur fondation. Ainsi, les 23 FRAC se définissent par de multiples actions de diffusion et de sensibilisation auprès de tous les publics au sein du territoire régional.
Chaque année, environ 500 projets sont organisés et près d'un tiers des collections est présentée, associant de nombreux et divers partenaires, sous la forme de simples dépôts, de prêts d'œuvres ou de projets plus spécifiques. En 2010, les FRAC ont accueilli 1,22 million de visiteurs, dont 20 % de scolaires. Il importe de souligner que la majorité des partenaires des FRAC ne sont pas des lieux à vocation culturelle.
Développer des partenariats pérennes avec des acteurs hors des champs de l'art et de la culture
Si certains furent actifs durant de longues années sans infrastructure de diffusion, les FRAC ont progressivement développé de nombreux et féconds partenariats institutionnels afin de mener à bien leur mission de sensibilisation aux démarches artistiques contemporaines auprès des publics les plus divers. Ainsi, chaque FRAC, dans sa région, a-t-il pu lier des relations pérennes de confiance et de travail collaboratif avec l'Éducation nationale, le rectorat, les Écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ex-IUFM), les établissements scolaires, les Centres régionaux et départementaux de documentation pédagogique, mais aussi les lycées agricoles, les universités, les fédérations d'éducation populaire, l'administration pénitentiaire, les hôpitaux... En outre, chaque FRAC tient compte, dans sa stratégie de développement des publics, des politiques culturelles et sociales des collectivités territoriales locales.
La médiation autour des expositions
Si les œuvres et les collections qu'elles composent, conjuguées à une compétence territoriale, fondent la spécificité des FRAC, le soin qu'ils mettent à rendre opérante la rencontre des publics avec les œuvres les caractérise tout autant. Ainsi les FRAC, toujours innovants en la matière, offrent-ils un large éventail d'actions de médiation.
Celles-ci peuvent être liées à la programmation d'expositions. C'est le cas de la médiation écrite que constituent les guides de visite dont certains conçus pour le jeune public, les dossiers documentaires et les dossiers d'accompagnement à l'usage des enseignants.
C'est le cas aussi des visites accompagnées par un médiateur qui peuvent prendre la forme de rendez-vous réguliers pour tous publics, de visites préalables dédiées aux enseignants et personnes relais, de visites pour les groupes scolaires.
Des visites accompagnées et des ateliers sont également conçus à l'intention de publics « empêchés », tels des détenus de maisons d'arrêt. Pour le jeune public, des ateliers de pratique artistique permettent de compléter sur un mode participatif et ludique la visite d'une exposition ou de favoriser l'appréhension de démarches artistiques par des manipulations et productions matérielles.
L'ensemble de ces actions de méditation accompagne autant les expositions qui se tiennent dans les FRAC que celles organisées sur tout leur territoire régional, avec et chez un partenaire.
L'artiste, l'œuvre et la collection comme points de départ de la rencontre et du projet
Bien d'autres actions de sensibilisation menées par les équipes indépendamment de la programmation d'expositions sont conçues en faveur de publics éloignés géographiquement ou socialement de l'offre culturelle. Certaines impliquent des œuvres des collections, d'autres des artistes dans le cadre d'ateliers de pratique artistique ou de résidences de création, d'autres encore mobilisent des conférenciers ou formateurs. Dotés pour la plupart d'un centre de documentation spécialisé ouvert au public, les FRAC offrent également une documentation en ligne des œuvres de leur collection.
Alexandre Bohn
Directeur du FRAC Poitou-Charentes


